Lettonie, Russie, Ukraine, France : Des défilés de la « fierté homosexuelle » interdits ou autorisés…
13-08-2009
Classé sous Année 2009, Eglise dans le monde
En Lettonie, le 14 mai, le Parlement de la ville de Riga a décidé de retirer l’autorisation du défilé des gays et lesbiennes prévu le samedi 16 mai à Riga, parce que la Baltic Pride « porte atteinte à la décence publique et pose des problèmes de sécurité », ont déclaré des autorités de la ville. « C’est un revirement honteux de la part du Parlement de Riga », a dénoncé Stella Jegher, coordinatrice de campagnes chez Amnesty International, « Notre organisation participera d’ailleurs au défilé de l’Europride qui aura lieu à Zurich le 6 juin prochain ». « Cette décision viole non seulement la loi lettone, mais aussi les droits des gays et lesbiennes des pays baltes de faire usage de leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Le Parlement doit immédiatement revenir en arrière et autoriser ce défilé », a assuré Amnesty International dans un communiqué publié le 14 mai.
Les organisateurs du défilé ont fait recours contre cette décision auprès du tribunal municipal de Riga et ont obtenu le vendredi 15 mai, que le défilé puisse avoir lieu comme prévu initialement. « Nous sommes heureux que l’état de droit ait triomphé, a affirmé David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Nous avons bon espoir que les autorités lettones protègent le droit à la liberté de réunion et d’expression lors de la Baltic Pride de samedi, conformément à leurs obligations internationales et européennes en matière de droits humains ».
En Russie et en Ukraine, des manifestations similaires qui devaient avoir lieu en mai, ont été annulées. Une marche devant se dérouler le samedi 16 mai à Moscou a été interdite pour la quatrième année consécutive. Un porte-parole du maire de Moscou a déclaré que les organisateurs de défilés de lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres (LGBT) ont pour objectif « non seulement de détruire certains des fondements moraux de notre société, mais également de délibérément causer des troubles, susceptibles de menacer la vie et la sécurité des Moscovites et des personnes de passage dans la ville. »
Les autorités municipales de la ville de Mykolaiv, en Ukraine, ont pour la deuxième année de suite interdit aux groupes LGBT d’organiser des manifestations dans le cadre d’un festival « Printemps Arc-en-ciel 2009 ». Les organisateurs prévoyaient de commémorer la Journée internationale contre l’homophobie le dimanche 17 mai. Les autorités municipales, dans un message à l’Association des gays, lesbiennes et bisexuels de Mykolaiv, ont affirmé que « la tenue de cet événement porte en germe un risque d’agitation sociale ; elle fragiliserait la paix et l’ordre public, et donnerait lieu à des affrontements et des oppositions majeurs. »
Autorisée en France, une Gay Pride 2009 s’est tenue à Biarritz le 20 juin. Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne Lescar et Oloron, indigné, a réagi à l’événement et rappelé la conception de l’Eglise sur la famille, dans un communiqué du 18 juin, soulignant que « la participation à cette manifestation des ‘Sœurs de la perpétuelle indulgence’, association notoirement connue pour son anticatholicisme et ses provocations blasphématoires, constitue un véritable outrage pour la foi catholique ». « Je n’ose imaginer la réaction des musulmans et des juifs si les symboles de leurs traditions religieuses étaient récupérés de la sorte », a déclaré l’évêque dans sa lettre adressée à Didier Borotra, maire de Biarritz. Mgr Aillet ajoutait : « une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens ». Le maire de Biarritz a répondu en invoquant la séparation de l’Eglise et de l’Etat et en précisant qu’il n’a « pas la même conception de la liberté, notamment d’expression et de manifestation » que l’évêque de Bayonne.
(Sources : apic/amnesty/diocèse Bayonne/SudOuest)

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