Autriche : Création d’un centre interreligieux à Vienne

centrereligieux_vienne_2Un centre interreligieux promu et financé par l’Arabie saoudite verra le jour à Vienne prochainement. Selon le quotidien marocain Le Matin, c’est le sens d’un accord signé le 13 octobre dernier entre l’Autriche, l’Arabie Saoudite et l’Espagne, pays parrainant le projet. Le centre, qui porte le nom de son initiateur, le roi Abdallah Bin Abdelaziz, sera financé via une fondation « indépendante de toute influence politique », a assuré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal. « L’Arabie Saoudite va payer tout ce qui est nécessaire car elle croit en ce centre », a-t-il ajouté. Pour son homologue autrichien, Michael Spindelegger, ce nouveau centre interreligieux qui devrait ouvrir à la mi-2012, représente une « contribution importante à la prévention et la maîtrise des conflits ainsi qu’à la consolidation de la paix ».

Le Vatican s’est dit intéressé par un statut d’observateur dans cette structure. Pour le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui a assisté à la signature de l’accord, « on ne peut qu’apprécier le fait que des Etats veulent encourager la liberté de religion mais je crois qu’il faudra aussi être attentif à ce que cette liberté de religion se répercute au niveau de la base ». Dans un entretien accordé à Radio Vatican, le 14 octobre dernier, le prélat a rappelé que « le but de ce centre est d’abord de favoriser le respect et la mutuelle confiance, de faire en sorte que les religions soient au service de la société ; et c’est une chose très importante, sur laquelle nous insistons beaucoup. C’est que le dialogue interreligieux n’est pas seulement à usage interne, c’est un dialogue entre croyants qui voient ce qu’ils ont ensemble, les valeurs communes qu’ils partagent, et qui essaient de voir ensemble ce qu’ils peuvent mettre à disposition de la société. Les religions doivent favoriser l’harmonie, la paix, et non les oppositions et les guerres ».

Rappel : Le gouvernement saoudien ne permet pas aux religieux non-musulmans d’entrer dans le pays pour y exercer un ministère ; ils sont donc contraints d’exercer leurs fonctions en secret. En Arabie saoudite, le prosélytisme fait par des non-musulmans, comme la distribution de bibles, est illégal. C’est ainsi que les fonctionnaires des douanes sont habilités à ouvrir régulièrement la correspondance, à la recherche de produits de contrebande liés à la pratique religieuse. Sous les auspices du ministère des Affaires islamiques, l’Etat saoudien incite les étrangers vivant dans le pays à se convertir à l’islam par le biais de 50 centres employant environ 500 personnes. (Sources : lematin.ma/Radio Vatican – DICI n°244 du 11/11/11)

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