Benoît XVI annonce une ‘Année de la foi’ fondée sur le concile Vatican II

25-11-2011  
Classé sous Actualités, Rome

benoitXVILe dimanche 16 octobre 2011, en conclusion de l’homélie de la messe pour la nouvelle évangélisation le pape a déclaré : « C’est précisément pour donner un élan renouvelé à la mission de toute l’Eglise de conduire les hommes hors du désert dans lequel ils se trouvent souvent, vers le lieu de la vie, l’amitié avec le Christ qui nous donne la vie en plénitude, que je voudrais annoncer en cette célébration eucharistique que j’ai décidé de proclamer une ‘Année de la foi’ que j’illustrerai au moyen d’une Lettre apostolique ».

Le lendemain, 17 octobre, Benoît XVI précisa les contours et les objectifs de l´Année de la foi dans la Lettre apostolique en forme de Motu proprio Porta fidei. Cette Année de la foi commencera le 11 octobre 2012, jour du 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II et se terminera le 24 novembre 2013, en la solennité de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi de l’univers, a précisé le pape. (En effet, dans le calendrier liturgique conciliaire la fête du Christ-Roi n’est pas célébrée le dernier dimanche d’octobre, mais à la fin de l’année liturgique. NDLR). Le 11 octobre 2012, sera aussi le 20e anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Eglise catholique, « fruit authentique du concile Vatican II ». Et l’Assemblée générale du Synode des Evêques sera convoquée, a annoncé Benoît XVI, au mois d’octobre 2012, sur le thème de La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne.

Benoît XVI a souhaité faire commencer l’Année de la foi le jour du 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II car, selon lui, cela « peut être une occasion propice pour comprendre que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat ». Le pape a redit avec force que si nous lisons le Concile, et « le recevons guidés par une juste herméneutique il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau de l´Eglise ».

« Il arrive désormais fréquemment que les chrétiens se préoccupent davantage des conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun », a regretté Benoît XVI, estimant que ce présupposé du vivre en commun est parfois tout simplement nié. Il a déploré la « profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes ».

Aujourd´hui particulièrement, « la foi se trouve être soumise plus que dans le passé à une série d´interrogations qui réduit le domaine des certitudes rationnelles à celui des conquêtes scientifiques et technologiques », a noté Benoît XVI. Pourtant, « l´Eglise n´a jamais eu peur de montrer comment, entre foi et science authentique, il ne peut y avoir aucun conflit parce que les deux tendent à la vérité ». « Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé », a précisé le pape.

Cette année spéciale sera « une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde ». « C’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser ; un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire », insiste le pape dans cette lettre apostolique. « Nous souhaitons que le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité », poursuit-il, en invitant toute l´Eglise à s´associer à cette année spéciale.

Principal artisan de la publication du Catéchisme de l´Eglise catholique en 1992, le souverain pontife souhaite que l´ouvrage soit « un véritable outil pour soutenir la foi ». Il encourage « une étude des contenus fondamentaux de la foi », connaissance essentielle pour adhérer pleinement avec l’intelligence et la volonté à la totalité du mystère salvifique révélé par Dieu. Dans ce but, une Note, rédigée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, donnera des indications pour vivre cette Année de la foi de manière plus efficace et appropriée, avant la fin de l´année 2011.

Benoît XVI a précisé que ce n´était pas la première fois que l´Eglise célébrait une année de la foi. Paul VI, en 1967, « en avait décidé une semblable pour faire mémoire du martyre des apôtres Pierre et Paul ». Deux ans après le concile Vatican II, elle avait été promulguée dans un contexte mouvementé, après la publication en octobre 1966 aux Pays-Bas, avec l´accord de l´épiscopat, d´un nouveau catéchisme ayant « pour objectif de substituer, au sein de l´Eglise, une orthodoxie à une autre, une orthodoxie moderne contre l´orthodoxie traditionnelle », selon le rapport de la Commission cardinalice que le Vatican avait constituée pour examiner ce catéchisme. L’année avait été conclue par la Profession de foi du peuple de Dieu, prononcée le 30 juin 1968 sur la place Saint-Pierre.

Cette Année de la foi succédera à l´Année Saint-Paul (28 juin 2008 au 29 juin 2009) et à l´Année sacerdotale (19 juin 2009 au 19 juin 2010). La foi est l´une des trois vertus théologales aux côtés de la charité et de l´espérance qui ont chacune fait l’objet d’une encyclique de Benoît XVI : Deus Caritas Est en décembre 2005 et Spe Salvi en novembre 2007.  (Sources : apic/imedia/vatican.va – DICI n° 245 du 26/11/11)

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