Benoît XVI condamne l´hostilité contre les chrétiens en Occident
23-01-2010
Classé sous Actualités, Rome
Le 11 janvier, Benoît XVI a prononcé le traditionnel discours annuel au corps diplomatique près le Saint-Siège, après avoir été salué au nom de toutes les délégations par Alejandro Emilio Valladares Lanza, doyen et ambassadeur du Honduras. A ce jour, le Saint-Siège entretient des relations diplomatique avec 178 états, l’Union Européenne, l’Ordre de Malte, et une mission spéciale près l’OLP. Il est observateur à l’ONU et membre de ses sept agences ; également observateur ou membre de huit autres organisations régionales.
Devant les diplomates réunis pour la cérémonie des vœux dans la Salle royale du Palais apostolique, Benoît XVI a déclaré que « la communauté des croyants peut et veut » participer à « un changement effectif des mentalités » et établir « de nouveaux modes de vie », mais que pour cela il fallait que « son rôle public soit reconnu ».
Le pape a alors regretté la diffusion « dans certains pays, surtout occidentaux », d’« un sentiment de peu de considération et parfois d´hostilité, pour ne pas dire de mépris, envers la religion, en particulier la religion chrétienne ». Ce sentiment, a soutenu Benoît XVI, « se diffuse parmi les milieux politiques et culturels, ainsi que dans les médias ».
Aux yeux du pape, le relativisme considéré comme un « élément constitutif essentiel de la démocratie » comporte le risque « de ne concevoir la laïcité qu´en termes d´exclusion ou, plus exactement, de refus de l´importance sociale du fait religieux ». Il en découle une « confrontation » et une « division », ainsi qu´un rejet des « attitudes différentes de la sienne », bref, « une voie sans issue », a expliqué le pape. Aussi il est urgent, a affirmé Benoît XVI, de définir « une laïcité positive, ouverte, qui, fondée sur une juste autonomie de l´ordre temporel et de l´ordre spirituel, favorise une saine collaboration et un esprit de responsabilité partagée ». Et d’appeler l’Europe à se souvenir de ses racines chrétiennes. – Mais, en fait, la « laïcité positive » cohabite dans les démocraties occidentales avec l’avortement légalisé, les unions homosexuelles… Les racines chrétiennes y sont plus qu’enfouies. Tel est le libéralisme qui autorise tout et son contraire, au nom de la liberté, fondement de la « dignité humaine », en latin « dignitatis humanae ».
Dans son discours, le pape s´en est encore pris à l’Occident – confiant qu´il pensait « à des pays européens ou du continent américain » – lorsqu´il a évoqué les « attaques » dont « les créatures » font l´objet au quotidien, à savoir « des lois ou des projets qui, au nom de la lutte contre la discrimination, attentent au fondement biologique de la différence entre les sexes ».
Après l’Occident, Benoît XVI a souhaité évoquer le sort des chrétiens au Moyen-Orient qui, « assaillis de diverses manières, jusque dans l´exercice de leur liberté religieuse », doivent quitter leurs terres. Le pape a tourné son regard vers d´autres pays d´Asie, souhaitant que les chrétiens d´Irak puissent bénéficier du « respect », de la « sécurité » et de la « liberté » pour apporter leur contribution à la construction de l´avenir du pays, menacé par « les divisions, la tentation de la violence et l´intolérance ». De même, le pape a appelé à ce que les agressions envers les chrétiens au Pakistan « ne se renouvellent plus » et que ces derniers « puissent se sentir pleinement intégrés dans la vie de leur pays ».
Le pape a évoqué « la crise dramatique qui a frappé l´économie mondiale » en montrant du doigt « les racines profondes de cette situation » qui, à ses yeux, « résident dans une mentalité courante égoïste et matérialiste ». Plus largement, le souverain pontife a estimé que si « la négation de Dieu défigure la liberté de la personne humaine », elle « dévaste aussi la création ».
Impossible, a ensuite soutenu le pape devant les diplomates en grande tenue, « de séparer, ou même d´opposer, la protection de l´environnement et celle de la vie humaine, y compris la vie avant la naissance ». Fustigeant une nouvelle fois « l´égoïsme », Benoît XVI a ensuite souhaité « que la sauvegarde de la création implique une gestion correcte des ressources naturelles des pays et, en premier lieu, de ceux qui sont économiquement défavorisés ». Et de citer en particulier le « continent africain ». (DICI n°208 du 23/01/10 – Sources : VIS/apic/imedia)