Bosnie : « Ce ne sont pas de vraies apparitions de la Vierge à Medjugorje »

Des pèlerins sur la colline des "apparitions".

Des pèlerins sur le lieu des “apparitions”.

Le 26 février 2017, Mgr Ratko Perić, évêque de Mostar-Duvno et Trebinje-Mrkan, en Bosnie-Herzégovine, a publié une lettre au sujet des apparitions supposées mariales à Medjugorje, depuis 1981. Cette mise au point détaillée et précise est parue en italien sur le site internet du diocèse, alors que le pape François nommait, le 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, un « envoyé spécial du Saint-Siège » pour le sanctuaire de Medjugorje. Mgr Henryk Hoser, archevêque de Varsovie-Praga (Pologne), a pour mission d’ici l’été prochain, d’« acquérir des connaissances approfondies sur la situation pastorale de cette réalité et surtout sur les besoins des fidèles qui s’y rendent en pèlerinage et, sur cette base, suggérer d’éventuelles initiatives pastorales pour l’avenir ».

Mgr Perić mentionne toutes les enquêtes conduites jusqu’ici sur le ‘phénomène de Medjugorje’ – Commission diocésaine de Mostar de 1982-1984, Commission élargie de 1984-1986, Commission de la Conférence épiscopale de Zagreb de 1987-1990, Commission de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au Vatican de 2010-2014 et évaluation de la même Congrégation de 2014-2016. « Nous croyons que tout a été remis dans les mains du Saint-Père le pape François. » La position de la curie de Mostar, précise Mgr Ratko Perić, a été claire et résolue durant toute cette période : « il ne s’agit pas de vraies apparitions de la bienheureuse Vierge Marie ». Il conclut sa longue lettre, en rappelant la déclaration de Mgr Pavao Žanić, évêque de Mostar-Duvno de 1980 à 1993, à Medjugorje le 25 juillet 1987, pour pouvoir affirmer que « Notre Dame n’est pas apparue à Medjugorje ! »

Le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, déclarait le 3 mars sur le site de la chaîne de télévision italienne TGCom24, que « certains ont exagéré l’importance de ces phénomènes, comme s’il s’agissait presque d’un dogme ». Et de rappeler que « même si l’Eglise se déclare favorable à ce genre d’événements, aucun catholique n’est obligé d’y aller ou d’y croire ».

En 2010, l’historien Yves Chiron a publié, aux éditions Via Romana, une étude très documentée sur Medjugorje dans laquelle il présentait pour la première fois en français le texte de la conférence de Mgr Perić, en 2004, où l’évêque de Mostar analysait les faits, soulignait les contradictions et rappelait le « constat de non supernaturalitate ».

(Sources : cath.ch /imedia /radiovatican/md-tm – DICI n°351 du 17/03/17)

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