Suède : Nouvelle attaque contre Benoît XVI de la chaîne SVT à propos de Mgr Williamson

2-10-2009  
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Le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi.

Le 23 septembre, la chaîne de télévision suédoise SVT a diffusé une émission cherchant à prouver que le Vatican était informé des positions de Mgr Williamson sur l’holocauste. C’est sur cette chaîne qu’avait été diffusé l’entretien de Mgr Williamson le 21 janvier dernier, à la date exacte où était signé le décret romain sur les ‘excommunications’ des évêques de la Fraternité Saint-Pie X.

Et de fait, l’émission reposait sur deux témoignages d’ecclésiastiques au progressisme avéré :

- un entretien de l’évêque de Stockholm, Mgr Anders Arborelius, ami du cardinal Karl Lehmann, ancien président de la Conférence épiscopale d’Allemagne et peu en odeur de sainteté à Rome, ainsi que du cardinal Walter Kasper, chargé de l’œcuménisme et des relations avec les juifs. La journaliste qui mène l’entretien affirme : « Le Pape et les cardinaux chargés de l’affaire assurent au monde entier qu’ils n’ont rien su de l’entretien (de Mgr Williamson à la TV suédoise), mais ce n’est pas vrai ». L’évêque (de Stockholm) , loin de se récrier, dit : « De notre côté, nous avons transmis l’information. C’est-à-dire de la manière habituelle, l’Église locale transmet les informations importantes qui concernent l’Église au représentant du Pape (i.e. au nonce apostolique) ».

- un entretien du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pour la promotion l’unité des chrétiens et de la Commission pour le dialogue avec le judaïsme – entretien réalisé en juillet dernier, lors de sa visite au festival des chœurs Pueri Cantores à Stockholm – dans lequel il affirme que, selon lui, les sympathies de Mgr Williamson avec le négationnisme étaient largement connues, et il s’étonne que la Commission Ecclesia Dei soit ainsi restée dans le flou.

Le même jour, 23 septembre, le Bureau de Presse du Saint-Siège a fait paraître la note suivante :

« L’affirmation ou la seule insinuation selon laquelle le Pape aurait été informé par avance des positions de Williamson est absolument infondée. Ce qui a déjà été clairement nié dans la Note de la Secrétairerie d’État du 4 février dernier, qui exprime également de manière très nette la dissociation radicale du Pape et de l’Église quant à toute position antisémite ou négationniste de l’Holocauste.
« De plus, la lettre du Pape aux évêques, du 10 mars, a mis un point final au dossier : il n’y a donc aucune raison de le rouvrir. Le Pape a expliqué le sens de la levée de l’excommunication comme un geste qui vise à favoriser l’unité de l’Église ; il a en même temps montré l’absence totale de fondements aux accusations de manque de respect envers le peuple juif qui étaient dirigées contre lui ; il a également reconnu avec simplicité les limites de la communication vaticane en interne et vers l’extérieur ; il a par ailleurs doté la Commission Ecclesia Dei d’un nouveau statut, justement pour assurer une méthode meilleure et plus sûre de procéder dans les questions relatives aux relations avec les traditionalistes.
« Relancer ‘l’affaire Williamson’ ne sert donc qu’à semer de nouveau la confusion sans aucune raison ».

Le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, adresse en outre un courrier électronique à la chaîne STV qui sera publié sur son site Internet dans la soirée du 23, par lequel il se dédouane et met en cause la responsabilité du cardinal Dario Castrillón Hoyos alors président de la Commission Ecclesia Dei. Le Père Lombardi assure qu´il n´a pas été au courant de l´entretien de Mgr Williamson avant sa diffusion. « Le cardinal Castrillón Hoyos ne m´en a rien dit avant la diffusion ». « Je ne savais pas qu´une note sur Mgr Williamson avait été envoyée au Vatican, et je ne sais pas qui l´a reçue et lue, personne ne m´en a parlé », ajoute-t-il en précisant : « Le pape a dit qu´il n´avait pas été informé lorsqu´il a approuvé la levée des excommunications. Je suis certain qu´il dit la vérité ».

Ainsi mis en cause par le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le cardinal Castrillón Hoyos, a tenu à faire savoir, le 25 septembre, qu’il n’avait pas eu connaissance des propos de Mgr Williamson avant le décret du 21 janvier. « Au moment où a été levée l´excommunication aucun de nous n´avait la moindre connaissance des propos de Mgr Richard Williamson », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. « Mon travail ne consiste pas à juger un évêque, a-t-il ajouté, c´est le travail de la Congrégation pour les évêques et de la Congrégation pour la doctrine de la foi ». Et de préciser que Mgr Williamson n´avait pas été excommunié « pour sa théorie ou ses propos sur l´holocauste, mais à cause de son ordination épiscopale illégitime » en 1988.

Sur son site Internet, le 23 septembre, l’hebdomadaire La Vie parle « d’un problème de gouvernance au sein de la Curie », en février on avait évoqué des « dysfonctionnements ». Voilà bien des euphémismes pour éviter de dire les tensions, les oppositions et les rivalités qui agitent une curie fort peu monolithique ! Il y a des cardinaux, officiellement à la retraite mais toujours très actifs officieusement lorsqu’il s’agit de combattre une ligne qu’ils considèrent comme le reniement de toute leur vie, or ils ont des amis qui eux sont en poste ! (DICI n°202 – 03/09/09 – Sources : osservatore-vaticano/Imedia/Apic/La Vie)

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