Suisse : Importante crise des vocations et des fidèles
4-08-2009
Classé sous Actualités, Eglise dans le monde
Le manque de prêtres a fait l’objet d’un dossier dans le quotidien lucernois Neue Luzerner Zeitung du 10 février. Sur les 100 paroisses que compte le canton de Lucerne, seules 30 ont un prêtre à leur service. Le manque de forces pastorales s’accentue toujours davantage, affirme Urs Corradini, diacre et responsable de la région Saint-Victor, dans le diocèse de Bâle.
De nombreux prêtres arrivent à la retraite et les études de théologie attirent beaucoup moins d’hommes. Même la recherche d’agents pastoraux responsables de paroisses est devenue plus difficile. « Il n’y a plus beaucoup de personnes qui se sentent motivées pour ce travail », constate Urs Corradini. Des aides extérieures sont alors sollicitées, comme celle des capucins de Wesemlin. Le diocèse de Bâle a adopté un plan de développement pastoral où les paroisses sont incitées à trouver une collaboration à l’échelon régional. Les fidèles sont également invités à trouver une nouvelle forme de bonheur dans la foi : « Ce qui est la base pour susciter des vocations en pastorale », souligne Urs Corradini.
Déjà en janvier 2005, le secrétariat de la Conférence des évêques suisses (CES) fait un douloureux constat dans un document élaboré à partir d’août 2000 et intitulé « Laïcs mandatés au service de l’Eglise ». En introduction, il est rappelé que « des laïcs formés en théologie, hommes et femmes, travaillent depuis plus de 30 ans au service de la pastorale de l’Eglise » conformément à une « compréhension renouvelée de l’Eglise lors du concile Vatican II ». Cependant, est-il précisé, la diversité des ministères apporte également son lot de tensions : leur différenciation en faveur d’une collaboration judicieuse n’est pas chose facile. « Deux facteurs ont aggravé la situation : d’une part la crise du ministère presbytéral, qui se manifeste depuis la fin des années 60 par une incertitude croissante quant à la compréhension du ministère et par une large remise en question du célibat ; d’autre part le manque grandissant de prêtres, qui a rendu nécessaire l’engagement de théologiens et théologiennes laïcs précisément dans les domaines réservés en soi au ministère ordonné ».
Et d’affirmer : « à l’heure actuelle on déplore non seulement un manque de prêtres, mais également un manque de paroissiens, le cercle des fidèles pratiquants se rapetissant à vue d’œil ».
En effet, en moins de trente ans, l’Eglise catholique à Bâle a perdu la moitié de ses effectifs et par conséquent une part importante de ses revenus, car les paroisses ont le droit de percevoir l’impôt sur le culte auprès de leurs fidèles dans la majeure partie des cantons suisses. En 1979, l’Eglise catholique de Bâle-Ville comptait 68.000 membres ; en 2000, ils étaient 36.700 et au début 2008, 31.106. A la fin de l’année 2008, l’Eglise catholique dénombrait 30.801 membres. Xaver Pfister, responsable de l’information de l’Eglise à Bâle, a annoncé une campagne de « marketing de guérilla » – terme technique qui désigne la publicité disposant d’un petit budget – pour inciter les fidèles à réintégrer ses rangs. Des dépliants seront distribués par des bénévoles, et des tables rondes seront organisées.
Heinz-Peter Mooren, président du Conseil de l’Eglise catholique de Bâle-Ville, envisage – à partir de l’évaluation des sorties d’Eglise à venir et d’une nouvelle ordonnance sur les impôts à Bâle – une perte de recettes d’environ 1 million de francs suisses pour l’an 2010. L’Eglise de Bâle élabore un nouveau concept de « budget global ». Chacune des trois nouvelles unités pastorales (Petit-Bâle, Bâle-Est et Bâle-Ouest) se verra attribuer un budget annuel. Ces unités décideront à leur gré de la manière dont elles utiliseront cet argent. Le Conseil de l’Eglise examinera seulement si certains objectifs sont respectés et si les dépenses sont correctement comptabilisées.
Il est probable que parmi les 12 églises actuelles certaines devront être fermées. Selon le président du Conseil de l’Eglise catholique de Bâle-Ville, les catholiques continueront à ouvrir quatre ou cinq églises. (Sources : apic/kath.ch)