Le pape rappelle à l’ordre le Chemin néocatéchuménal
4-08-2009
Classé sous Actualités
Dans une lettre signée le 1er décembre 2005, le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a fait part aux responsables du Chemin néocatéchuménal des « décisions » de Benoît XVI sur leurs pratiques liturgiques jugées déviantes.
Cette lettre privée a été citée par Il Giornale et par le National Catholic Reporter, publiée sur le site internet du magazine italien L’Espresso et par le vaticaniste italien Sandro Magister sur son site internet Chiesa.
Le cardinal Arinze établit une liste de six points remise mi-décembre au Père Mario Pezzi, à Kiko Argüello et Carmen Hernandez, fondateurs et responsables du Chemin néocatéchuménal, précisant la ligne liturgique de l’Eglise catholique à suivre.
Les corrections requises par le Saint-Siège auprès du Chemin néocatéchuménal représentent la dernière étape du processus pour l’approbation définitive des statuts du mouvement. En effet, le Saint-Siège a validé les statuts de ce mouvement le 29 juin 2002 ad experimentum pour cinq ans.
Les membres du mouvement d’initiation chrétienne et d’éducation à la foi catholique doivent accepter et suivre dans leurs messes « les livres liturgiques approuvés par l’Eglise, sans omettre ni rien ajouter ». Le célébrant devra aussi utiliser les autres prières eucharistiques contenues dans le missel, et non pas seulement la prière eucharistique numéro 2, y est-il précisé.
La lettre rappelle que « le dimanche est le jour du Seigneur » et non pas uniquement le samedi soir. C’est pourquoi, le pape exige que les groupes du Néocatéchuménat participent au moins un dimanche par mois à la messe célébrée en paroisse. Le groupe néocatéchuménal doit faire partie de la paroisse.
L’homélie, par sa nature et son importance, est « réservée au prêtre ou au diacre », est-il rappelé. Ces derniers devront être prudents dans leur usage du « dialogue » dans l’homélie. Les monitions faites avant les lectures devront être brèves. Et si « les didascalies et témoignages » sont admis, ils ne doivent pas revêtir des caractéristiques qui pourraient les faire confondre avec l’homélie.
La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a émis des réserves sur la façon dont les néocatéchumènes reçoivent actuellement la communion, c’est-à-dire assis autour d’une grande table qui remplace l’autel au centre de l’église. Ils devront désormais recevoir le corps et le sang du Christ selon « le mode déterminé dans les livres liturgiques », c’est-à-dire debout ou à genoux. La Congrégation autorise un temps de transition – n’allant pas au-delà de deux ans ! - afin de s’adapter rapidement « à la façon normale pour toute l’Eglise de recevoir la sainte communion ». Jusqu’ici, les fidèles du Chemin se partageaient une grande miche de pain et se passaient la coupe de main en main.
Par ailleurs, la Congrégation responsable de la liturgie au Vatican a concédé un « indult » spécial pour le signe de la paix. Il se fait avant l’offertoire dans les célébrations du Chemin néocatéchuménal, comme dans le rite ambrosien milanais mais pas comme dans le rite romain, où il se fait au terme de la récitation de la prière du Notre Père.
Le 21 septembre 2002, Jean-Paul II avait rappelé aux fondateurs du mouvement que les dicastères du Saint-Siège (Conseil pour les laïcs, Congrégations pour la doctrine de la foi, le clergé, la liturgie et la discipline des sacrements et l’éducation catholique) devaient examiner le directoire catéchétique, la pratique catéchétique ainsi que la liturgie du Chemin. Un éditorial de la Civiltà Cattolica du 19 août 2004, relue par la Secrétairerie d’Etat, avait mis en garde contre « les dangers » du mouvement.
Benoît XVI avait reçu les fondateurs du Chemin néocatéchuménal au mois de novembre dernier. Dans une « Note » publiée le 22 novembre les organisateurs du mouvement avaient déclaré : « C’est la première fois que le pape reçoit officiellement l’équipe responsable du Chemin ». « L’entretien a abordé le thème de la pratique liturgique du Chemin néocatéchuménal, envers laquelle le pape nourrit une grande appréciation », avaient-ils ajouté. Néanmoins la récente lettre du cardinal Arinze précise bien que les décisions du pape « autour de la célébration de la très sainte Eucharistie dans le Chemin néocatéchuménal » correspondent aux orientations mises à jour lors de l’entretien de novembre.
Ce mouvement fondé en Espagne en 1964 est particulièrement actif en Espagne, Italie et Amérique latine, et également présent en France. Il compte 16.700 communautés dans plus de 880 diocèses, 5.000 paroisses et 100 pays, dont de nombreux territoires de mission.
Le souverain pontife devrait recevoir 209 familles du Chemin, le 12 janvier au Vatican, pour les envoyer en mission dans le monde, en leur remettant un crucifix. « Ce groupe de familles s’ajoutera aux 400 familles déjà envoyées par Jean-Paul II », a indiqué la Note du Chemin datée du 22 novembre.